La Vie parisienne est une œuvre à la fois grave et légère. La musique pétillante de Jacques Offenbach, l'humour des situations et l'effervescence de la fête dissimulent une satire du Second Empire. Derrière les fêtes parisiennes se dessinent les dérives d’une société dominée par l’argent, les excès de la bourgeoisie, la brutalité des rapports de classe et la domination masculine.
Pour autant, le livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy reste un terrain de jeu enjoué. On y raconte les premiers touristes, perdus dans Paris, dont la naïveté provoque toutes sortes de quiproquos et d’entourloupes. Et puis, comme souvent, les personnages les plus malins et sensés s’avèrent être les domestiques, qui s’en donnent à cœur joie pour tromper leur beau monde.
Valérie Lesort choisit de ne rien atténuer du propos de l'œuvre. Au contraire, elle en accentue les traits en s’inspirant de l’univers de La Fontaine et des illustrations de Grandville. Les personnages se parent d’attributs animaliers qui, avec humour, révèlent leurs instincts et leurs travers sans jamais effacer leur humanité.
Les comédiens de la Comédie-Française affublés de subtiles prothèses, réalisées par Carole Allemand et Valérie Lesort, déploient toute leur palette de jeu, engageant leurs corps et articulant chants et paroles au service de ces personnages hauts en couleur et atteints de symptômes animaliers !
L’esthétique de la Belle Epoque est respectée et sublimée par les grandioses costumes de Vanessa Sannino et les décors chics et ingénieux d’Éric Ruf.